Rio+20 Le blog du mouvement français des Petits Débrouillards.

Derniers billets

Présentation des assemblées de convergence -II

Article rédigé avec Julia Fouque.

Voici les solutions alternatives apportées par le Sommet des peuples :

Le travail fourni pendant cette semaine durant les différentes plénières, tables rondes et activités ont permis de définir un ensemble de propositions, divisé en 4 thématiques :

  • La Souveraineté alimentaire : La Souveraineté alimentaire : Il faut en finir avec les monocultures caractérisées par une grande productivité et intensité. L'agriculture intégrée permet de faciliter le travail grâce à un échange entre les écosystèmes, ainsi que de produire des aliments sains et variés. Cette méthode permet le respect de la nature comme source première de vie, tout en se focalisant sur la production et la commercialisation locale.
  • Réformes agraires : Il est nécessaire que l'agriculture reviennent à un travail de paysans ou de groupes autochtones. Ces réformes doivent se faire de manière urgente et à grande échelle.
  • Inciter à une agriculture paysanne : Tout comme la pêche et la chasse, ces secteurs doivent être appuyées par des fonds et des moyens publics. Les mécanismes de marché, comme la vente du carbone et des services rendu par la nature, doivent être démontés immédiatement et substitué par des moyens réels. S’arrêter de polluer doit être un devoir que personne ne peut éviter en payant.
  • Autres modèles énergétique : le discourt comme quoi il est nécessaire d'augmenter la production énergétique est mené par les capitalistes qui gèrent et détruisent la planète. L'utilisation de source d'énergies renouvelables doit être accompagné par une baisse de notre consommation pour diminuer réellement l'impact environnementale.

L'agriculture paysanne et autochtone est, de fait, la solution (déclare La voie des agriculteurs et du Sommet des Peuples). Tout d'abord elle diminue de 2/3 les gaz à effet de serre. De plus elle produit aujourd'hui la moitié de l'alimentation mondiale en occupant seulement 20 % des terres agricoles. Ces peuples veulent en finir avec l'impact environnemental et social du capitalisme pour une réconciliation nécessaire vers un futur durable.

Présentation des assemblées de convergence - I

Article rédigé avec Julia Fouque.

Le Sommet des Peuples organise des assemblées où tous les participants, société civile et ONG se réunissent afin de mettre en commun leurs idées.

Le travail s'est réparti sur trois axes :

  • Présentation des causes structurelles de la crise et les fausses solutions apportées par le Sommet officiel.
  • Présentation des solutions alternatives apportées par le Sommet des peuples.
  • Réussir à dégager un agenda des luttes pour les prochaines années.

Voici le détail de ce qui s'est dit lors de ces assemblées de convergence : __ 1. Les causes de la crise et les fausses solutions apportées par le Sommet officiel__

La crise économique de 2008 due à un système régi par l'argent, pourrait être alimentée si on suit la logique des solutions apportés lors du Sommet officiel. Les gouvernements, entreprises et institutions des Nations Unies ont défini l'économie verte comme seule issue possible pour cette crise sociale et environnementale.

Voici leurs fausses solutions qu'ils proposent :

  • Crédit carbone et bonus sur la biodiversité  : il s'agit du principe « pollueur-payeur », déjà défini en 1992. Il permet à ceux qui ont de l'argent de continuer à polluer et détruire les écosystèmes, à partir du moment qu'ils payent pour conserver la biodiversité à l'autre bout de la planète.
  • REDD (Réduction des Émissions de gaz à effet de serre qui proviennent de la Déforestation et de la Dégradation des forêts) : est le programme le plus représentatif du principe cité précédemment. Il permet à des entreprises à fortes émissions de gaz à effet de serre, d'acheter des terres forestières productrices d'oxygène afin de maintenir un « équilibre». Cependant les familles et les communautés rurales n'ont plus accès à leurs terres et leurs ressources en eau. De plus, cette solution favorise la biopiraterie.
  • L'énergie à travers la « «biomasse » : est l'utilisation des plantes, des algues et des détritus organiques comme source d'énergie pour se substituer au pétrole. Mais l'agro-combustible signifie l'utilisation de millions d'hectares normalement utilisés pour l'alimentation ou pour la préservation d'espace naturels.
  • L'agriculture « climatiquement intelligente » : due au changement climatique, ils veulent nous imposer l'utilisation de semence transgénique dite plus résistantes. Or, nous pourrions ainsi perdre la richesse de nos terres, de nos éco-systèmes et produire une alimentation toxique.
  • Restriction de l’utilisation de l'eau : sous le prétexte que l'eau est rare pour l'irrigation, ils proposent que l'eau soie concentrée sur les cultures de « grandes valeurs » c'est à dire celle prévue pour l'exportation et les agro-combustibles, limitant ainsi l'irrigation des petites cultures, peu rentables.
  • Les possibilités technologique : Il s'agit par exemple de la géo-ingénierie et la culture d'OGM. Aucune de ces solutions proposées ont des preuves réelles de leur efficacité face au changement climatique.
  • L'économie des écosystèmes et de la biodiversité ( TEEB ) : Ils mettent un prix sur tout les biens naturels (eau, biodiversité, paysage, vie sauvage, semence, pluie) en les privatisant. Pour les paysans c'est un « attentat » final sur l'environnement et la vie mais aussi sur les peuples et leur travail (pêche, agriculture, chasse). Ces contrats bénéficient des autorités locales.
  • Énergies renouvelables : Il y a un grand intérêt capitaliste a établir un nouveau marché d'énergies supposées durables (comme les éoliennes, panneaux solaires et autres). Des multinationales investissent beaucoup dans ses secteurs, mais continuent à produire énormément des énergies polluantes.

Les gouvernements et les NU nous présentent donc une solution : le capitalisme vert pour préserver notre planète, mais en vérité ennemie des populations. , Source: résumé des assemblée de convergences rédigé par Via Campesina.

Manifestation dans le quartier Vila Autodromo

DSC_0129_bis.JPG

La manifestation où je suis allé ce matin à Vila Autodromo, vous n'en entendrez pas ou très peu parler contrairement à celle de cet après midi dans le centre ville de Rio. Au mieux vous trouverez des articles en portugais, mais en français cela va être très compliqué vu le peu de couverture médiatique de cet événement. En revanche il y avait une forte couverture policière et militaire. Vila Autodromo est un quartier proche de Riocentro, lieu des débats officiels du Sommet de la Terre qui est aujourd'hui menacé d’expulsion en raison des travaux pour les Jeux Olympiques de 2016. C'est pour cela qu'aujourd'hui, journée de mobilisation mondiale, qu'une manifestation a été organisé dans ce quartier. Pour se rendre sur place depuis le centre de Rio nous avons rendez-vous à Lapa à 6h30 car le trajet dure environ une heure et demi. Arrivé sur place nous sommes environs 150 personnes, mais il n'y a pas de bus. Un bus arrive une demi heure plus tard mais ce ne serra pas suffisant et rien ne se passe. Là, un contact de l'organisation nous explique que même cet unique bus n'est pas sur de pouvoir nous emmener. Il semblerait que le chauffeur et l'entreprise de transport subissent de grosses pressions pour que l'on ne nous emmène pas sur place. Finalement après deux heures d'attente un autre bus et un minibus arrivent, après les dernières minutes d'attente nous montons dans les bus. Dans mon bus nous sommes au moins 70, le couloir est plein. Il y a énormément de paraguayens venu en bus (30h de trajet) pour défendre leurs opinions et montrer qu'ils n'ont pas d'attentes de ce Sommet de la Terre. Une fois sur place nous arrivons dans le quartier où il y a déjà sur place une grande délégation d'indigènes (venus de l'Amazonie) et de paysans brésiliens mais on voit également des groupes communistes, étudiants, anarchistes … Sur le toit d'un bus équipé d'enceintes des personnes se relayent pour énumérer tous les problèmes locaux, nationaux et internationaux. Ensuite la manifestation commence à traverser le quartier et se retrouve rapidement sur la route menant au Sommet de la Terre. D'un coté quelques policiers dévient les voitures. De l'autre coté, en direction du sommet sur un pont, une importante présence policière bloque la route. Deux escadrons, un pour chaque coté de la route, avec boucliers, casques, matraques, masques à gaz pour l'un des deux et parfois armes à feu bloquent totalement la route. Derrière eux un groupement de police monté, un tank à eau, quelques maîtres chien et rapidement deux hélicoptères. Nous sommes bien surveillés même si la manifestation est totalement pacifiste.

DSC_0236_bis.JPG

Après un long moment de stagnation, l'agitation revient car Gilberto Carvalho, ministre en chef du secrétariat général à la présidence, est sur place il est bousculé et des indigènes essayent de lui remettre des papiers, finalement il repart, la manifestation continue un peu puis les gens partent. Une habitante du quartier se demande si cette manifestation « qui fait beaucoup de bruit » est une bonne chose pour Vila Autodromo. Nous reprenons le bus pour rentrer, nous sommes encore plus nombreux qu'à l'aller et là 7 pompiers motards nous escortent jusqu'au centre de Rio, nous ne mettons qu'une heure à rentrer et de ce fait et tout le monde peut se préparer pour la manifestation de cet après midi.

MM

Biopiraterie, un enjeu de développement pour les populations autochtones

Article entièrement rédigé par Bouchra ZEROUAL

biopiraterie.JPG

Telle que définie par le Collectif pour une alternative à la biopiraterie, la biopiraterie désigne « l'appropriation illégale et la marchandisation des ressources biologiques et des connaissances traditionnelles des peuples ruraux et autochtones ». Un atelier sur le sujet visant à sensibiliser les participants au Sommet des peuples avait lieu jeudi à 11 heures en présence de Vandana Shiva et Benki Ashaninka. Du beau monde qui a ameuté environ 250 personnes. Chapeau aux organisatrices !

Le Collectif pour une alternative à la biopiraterie regroupe la Fondation France Libertés Danielle Mitterrand, ICRA international et Parole de nature. « Notre but en venant ici est double : sensibiliser les populations autochtones aux dangers de la biopiraterie pour faire de la prévention et faire entendre notre voix auprès des décideurs, explique Rozenn Le Berre qui travaille au sein du Collectif. »

Après le discours des deux stars de la lutte contre le brevetage du vivant, trois intervenants s'installent à la tribune et racontent comment ils tentent de lutter au sein de leurs associations, avec peu de moyens évidemment mais surtout un cadre légal international inapproprié à la transmission des connaissances dans les populations autochtones mais adapté à la propriété individuelle. Ilko Rogovich Rojas de la Société péruvienne du droit de l'environnement s'exprime au nom de la Commission péruvienne de lutte contre la biopiraterie. Lourdes Laureano représente l'association brésilien Pacari et Michael F. Schmidlehner président de l'association brésilienne Amzaonlinks.

Le Pérou est le seul pays à s'être doté – en 2004 – d'une commission nationale spécialisée dans la biopiraterie. Suite au brevetage du tubercule Maca par la société américain Pure World, la mobilisation des associations péruviennes a conduit à l'annulation du brevet en Europe, mais pas aux Etats-Unis, où la Commission nationale envisage une action en justice devant les tribunaux. « Envisage » car une telle action demande des ressources financières et des experts en droit américain de la propriété intellectuelle. La Commission n'emploie qu'un salarié qui veille sur les brevets déposés dans le monde entier sur les ressources génétiques de son pays. Pour lui faciliter la tâche, le Pérou a établi une liste de 60 ressources biologiques de grande importance. Le travail reste ardu !

Au Brésil et dans tous les autres pays du monde, ce sont les associations qui portent le combat auprès des autorités. Lutter contre un brevet déjà déposé étant très difficile, les associations mettent l'accent sur l'information des populations autochtones. Atelier de discussion, théâtre participatif, panneau informant les visiteurs de la communauté des droits de chacun (visiteur et habitant), les outils utilisés par Amazonlinks sont variés et portent leur fruit. En travaillant avec ces populations, Michael F. Schmidlehner a compris que leur mode même de transmission du savoir diffère du nôtre. La transmission se fait oralement et est basée sur la relation à autrui.

Une des solutions mise en œuvre par Pacari consiste à consigner les savoirs ancestraux basés sur la biodiversité dans une base de donnée, secrètement gardée. L'outil semble fragile. Comment garantir la confidentialité des données ? Écrire les savoirs ne modifiera-t-il pas la transmission traditionnellement orale des savoirs ?

Les défis sont nombreux. Le premier selon M. Rogovich Rojas sera de définir la biopiraterie au niveau international sous égide de l'ONU en présence de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Le second est d'engager des échanges avec les entreprises, qui parlent de leur côté de « partage des bénéfices ». Un autre évidemment est d'alerter le plus grand nombre des dangers de la biopiraterie. « Et en tant que consommateur, nous sommes tous concernés, disait une participante. » Pays du nord, pays du sud : tous concernés !

Zoom sur la problématique de l'accaparement du territoire

Enda_Tiers_Monde

Ce matin à l'Alterro dans la tente 11 avec l'association ENDA Tiers Monde, on nous parle d'accaparement de terres agricoles. Qu'est ce que c'est et où on en parle dans le monde ? Je vais essayer de vous éclairer sur ce sujet grâce aux interventions de ce matin.

Le premier intervenant était un malien qui explique les deux problèmes majeures que cause l'accaparement des territoires selon lui, ici on entend territoire agricole. Le premier soucis est la concentration des titres fonciers, en effet ce sont de grands propriétaires qui rachètent les terres aux paysans. Cela implique donc la disparition des petits paysans. Ensuite ce changement de propriétaire se fait souvent au profit de personnes qui ne veulent pas faire de l'agriculture traditionnelle. Ainsi ces terres très vastes deviennent le lieu d'une forte monoculture qui cause une destruction de la biodiversité et l'appauvrissement des sols. Ces monocultures ont pour but de produire soit du riz (entreprises chinoises qui produisent à l'étranger mais pour la consommation chinoise), la canne à sucre ou des plantations pour l'élaboration de biocarburants.

Le second intervenant était Simon Bodea, béninois et membre de la Synergie Paysanne créée en 2002 pour que les jeunes paysans puissent avoir accès à la terre, 10 ans après ce n'est toujours pas le cas. En cause pour lui, l'état béninois qui donne des terres pour la plantation de plantes pour les biocarburants, ou alors pour la récupération du manioc qui sert aussi pour ces mêmes carburants. Récemment une multinationale malaisienne a loué 200 000 hectares de terres pour la production d'huile de palme au prix de seulement 5 000 francs CFA (environs 8 euros) par an. Mais si des multinationales achètent des terres en grande quantité les dirigeants le font aussi dans le silence, pour lutter contre cela la Synergie Paysanne a lancé des enquêtes. Dans un des villages grenier par exemple on s'est rendu compte, après l'enquête que sans que cela soit dit, déjà 45 % des terres appartiennent à des investisseurs qui ensuite font partir les paysans de ses terres. Ces paysans n'osent pas se défendre de peur d'être enfermé et les responsables locaux avaient peur de la politique central. C'est pour ça que la deuxième mission de la Synergie Paysanne est de sensibiliser les paysans à leurs droits. Un autre exemple cité, est un général de l'armée béninoise qui a acheté à un prix dérisoire 200 hectares de terres à une personne qui n'était pas le vrai propriétaire des lieux. Il a ensuite fait partir les paysans qui craignant des répressions n'osaient pas protester. La Synergie Paysanne en expliquant aux paysans leurs droits à permis que ceux ci retrouvent la confiance et se rebellent en portant cette affaire en justice. Pour éviter les soucis le général à alors proposer 3 millions de francs CFA mais les paysans ont refusé pour pouvoir récupérer leurs terres. Après ces explication Simon Bodea à alors proposé la création d'ici la fin du sommet d'une alliance mondiale contre l'accaparement des terres afin d'avoir plus de poids pour lutter contre les multinationales et certains dirigeants.

Nous avons ensuite eu des interventions plus brèves sur plusieurs autres pays dans le monde. Au Cambodge par exemple aujourd'hui 20 % des propriétaires terriens occupent 70 % des terres, et ce sont principalement de grandes entreprises chinoises ou coréennes. Un intervenant sénégalais à ensuite voulu mettre en avant, outre le problème économique, le problème culturel que peut causer l'accaparement des terres. En effet ces terres racheté en « gros » sont parfois des lieux de sépulture ou de culte par exemple. Cet intervenant espère donc que ce coté ne soit pas oublié ici à Rio. En Colombie, l'accaparement des terres c'est fait suite à un conflit armé. Et l'intervenante ici a voulu mettre en avant que ce problème touche également les femmes qui sont des piliers de la vie locale en s'occupant des enfants, des personnes agées, de la nourriture et de l'eau. Donc il faudrait une loi qui reconnaisse que les femmes subissent l'accaparement des terres également. Ici, au Brésil, dans la forêt amazonienne une région va voir naître pas moins de 6 barrages, la construction ayant commencé avant même d'avoir obtenu les autorisations et les familles dédommagées. Un membre de ENDA Madagascar à voulu indiquer que dans ce pays il existe une loi qui permet aux paysans qui sont sur leurs terres depuis longtemps et qui ont des preuves de cela (photos, témoignages …) d'obtenir des droits sur ces mêmes terres. Et enfin un dernier intervenant de la Guinée à voulu rappeler que ce ne sont pas seulement les entreprises ou les grands dirigeants qui agissent de la sortes mais également les coutumiers (chefs locaux).

Et c'est un membre de Enda qui a clôturé la réunion en faisant une synthèse montrant bien que l'accaparement des terres est un problème mondiale. Aussi il ne s'agit pas seulement de terres mais de ressources naturelles, d'identité culturelle et sociale et que tout ceci se fait par une violation de la loi et des droits des producteurs.

MM

EYES rencontre Pascal Canfin

Discussion entre Juliette Rousseau, Charlotte Astier, Maxime Combes et Max Rademacher

Max Rademacher, représentant du mouvement des Petits débrouillards dans le réseau européen EYES, sera reçu ce jour par Pascal Canfin, ministre français délégué au développement auprès du ministre des affaires étrangères, dans le cadre d'une discussion avec une délégation de dix représentants des OG françaises impliquées soit dans le suivi des négociations Rio+20 soit dans le Sommet des Peuples. Max y évoquera la profonde insatisfaction des jeunes impliqués dans le camp des jeunes à propos des mécanismes de sélection des "représentants" des jeunesses européennes, dont le niveau de connaissance des enjeux est manifestement insuffisant, pour ne pas dire autre chose. Enfin, il s'exprimera au nom des acteurs du Forum mondial sciences et démocratie sur la nécessité de la création d'un outil international d'évaluation et suivi technologique qui fait manifestement défaut en ce qui concerne la "green economy" qui couple nanotechnologies, biologie de synthèse (sur l'utilisation de la biomasse) et geoingenierie (sur la modification par l'homme du climat). Pour le Forum mondial sciences et démocratie et le réseau des Petits débrouillards

Lionel Larqué, le 18 juin 2012.

Le nouveau draft édité par L'ONU ne présage rien de bon...

La police est présente sur le sommet des peuplesLe nouveau draft édité hier par les Nations Unies, suite aux négociations longues et douloureuses qui se sont déroulées ces derniers jours, d'abord entre représentants des Etats puis avec la société civile, ne laisse rien présager de bon. J'ai assisté à un brief matinal de la délégation Attac France ce matin lors duquel Geneviève Azam nous a fait un rapide topo de la situation actuelle.

Les négociations multilatérales sont terminées. Le texte a été discuté en assemblée plénière samedi soir à Rio Centro - lieu qui se trouve à 2h en bus du Parque de Flamengo, centre de Rio. Le Brésil a dorénavant pris la main et ne laisse place à pratiquement aucune discussion. Pour le Brésil, ce dernier texte est quasiment à prendre ou à laisser, ils ne laissent plus de place aux discussions diplomatiques. L'Union Européenne a par exemple été envoyée dans les choux paraît-il...

Ce nouveau draft est un net recul par rapport au précédent. La notion de "justice environnementale" a par exemple disparu pour laisser place aux termes "économie verte" et "croissance économique" (répété seize fois). Mais la disparition du chapitre sur l'eau est ce qui reste de plus alarmant. La question de l'eau est abordé dans le chapitre de "la souveraineté alimentaire" : le droit de l'eau ne coiffe plus l'ensemble du chapitre, mais n'apparaît que dans le troisième paragraphe. Les questions alimentaires sont uniquement liées au problématique financières. Il n'est question que d'accès aux marchés et aux moyens financiers. On ne parle plus réellement de "souveraineté alimentaire", mais plutôt de "sécurité alimentaire". Ensuite, autre aberration, les Etats déclarent vouloir renouveler leurs engagements pour assurer le droit à l'eau. Cependant, comme l'a précisé un juriste à Geneviève hier, aucun engagement n'a été pris par les États! La société civile réclame donc qu'apparaisse dans le texte que les Etats reconnaissent le droit à l'eau, car à travers l'eau, ce sont tous les biens communs qui sont abordés.

Geneviève a bien insisté sur le fait qu'il est difficile de faire une lecture critique du texte paru dimanche, dans la mesure où le style onusien est une écriture ambigüe. Geneviève a mis l'accent sur le fait que chaque formulation peut cacher un sens caché ou une contradiction.

La question énergétique est elle aussi alarmante.. Aucun engagement n'a été pris pour le droit à l'énergie pour tous ou pour le principe de sobriété. Geneviève nous racontait que l'Arabie Saoudite et le Qatar sont très largement représentés au Sommet Officiel. On compterait une centaine de représentants Qatar dans la délégation officielle... Il a donc été question d'une extraction propre du pétrole, et non pas d'une société post-pétrole.

Les brésiliens veulent arriver à un consensus, et c'est pour cette raison que "les vides sont trop pleins". Mais Geneviève nous a expliqué qu'ils ont l'espoir de voir ce draft discuté au G20, notamment en ce qui concerne les promesses de financement et d'économie verte. Elle parle de "G92". Affaire à suivre de très près...

Rencontre avec Pierre Mollo

Présent sur le Toxico Tour, ce français passionné du plancton partage son univers avec beaucoup de passion. Rendre visible l'invisible, telle est sa devise car comme dit Marianna son interprète brésilienne "ce que les yeux ne voient pas, le cœur n'y est pas". Il en a même écrit un livre "L'enjeu plancton- l'écologie de l'invisible". Et il tente aussi de faire diffuser les vertus de ces vivants dans la cuisine, avec la spiruline par exemple, algue verte, source nutritionnelle intéressante, à prendre comme complément.

Nous avons donc suivi sa conférence sur le sujet, qui a été suivi d'un film en exclusivité "Plancton du monde" et certains non passionnés par le sujet ont été convertis. Il a ensuite fait l'objet de notre visioconférence avec Marennes-Olèron qui s'est très bien passée. Pierre Mollo est un homme d’expérience sur le sujet et très accessible, voulant partager et sensibiliser sur sa passion du plancton. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a choisi d'être présent au Sommet des peuples plutôt qu'au sommet officiel, afin d'avoir des échanges avec la société civile. Il est aussi plus en accord avec les idées du mouvement des peuples qui est contre cette notion "d'économie verte" traité au Sommet officiel. Il s'agit aussi pour lui d'une commercialisation des biens communs et de l'environnement, et préfère la recherche d'alternatives vers une économie sociale et solidaire, ce qui est l'objet du Sommet au parc Alterro do Flamengo.

"le plancton c'est l'économie du monde" nous dit Pierre Mollo, sans lui tout serait fini car il se retrouve partout : cosmétique, pharmaceutique, alimentation (source d'oméga 3 naturel) et dans la qualité de l'eau. Économie, car en ce moment se joue aussi la question de brevet sur ces espèces et leur appropriation par certains groupes industriels des secteurs cités précédemment.

Attention donc, car même si on ne le voit pas il est bien présent et très important! Pour vous en faire une idée, cela m'a surpris aussi, mais la biomasse du krill mondiale est supérieur à la biomasse des hommes sur terre!!

A consulter si vous le souhaitez, son site internet : http://www.plancton-du-monde.org/

Manifestation pour la préservation de la forêt amazonienne

Vendredi 18 juin, une grande manifestation a été organisée, par une centaine d'associations et d'ONG (WWF, Green Peace, Brazil urgente a forestier é da gente, Gamba, IMCBio …. ) pour la sauvegarde de la forêt amazonienne et contre la modification du code forestier Brésilien. Elles appellent Dilma Rousseff, présidente de la république fédérale du Brésil, à poser son véto contre le nouveau code forestier qui propose notamment l’amnistie des auteurs de la déforestation, autorisation de déforestation de zones auparavant protégées ...

Le cortège est parti du MAM (Museum Art Modern), a traversé le centre de Rio pour se rendre au pied de la banque BNDSE, banque National de Développement Économique et Social (qui soutien de nombreux projets anti-développement durable).

La foule a scandé avec vigueur plusieurs sloggans, invitant les gens à rejoindre la manifestation : « Vem, vem, vem pra rua, vem para floresta, vem » Traduction : « Viens, viens, viens dans la rue pour la forêt, viens »

Plusieurs actions ont été menées : marche à l'envers ( pour souligner la régression du nouveau code sur le plan écologique), sitting, blocage des rues, minute de silence ...La manifestation s'est déroulée sans violence mais sous haute surveillance policière (terrestre et aérienne).

Julia Fouque

Rencontre avec Paula

pleinièresJeudi 14, j'ai pu rencontrer Paula au camp des jeunes à l'Université Federale de Rio. Le camp des jeunes est l'endroit où tous les jeunes du monde entier dorment. Ils sont ainsi regroupés en "coalition" afin d'avoir un plus gros impact sur le sommet des peuples. Je disais donc que j'ai rencontré Paula, voici la retranscription de l'interview que j'ai faite d'elle: "Bonjour à vous, je m'appelle Paula, je viens de Bolivie et je fais partie d'un collectif de volontaires qui s'appelle "réactions climatiques". Nous sommes un groupe qui posont un oeil critique sur le système et nous essayons de proposer de nouvelles solutions afin de faire la différence. On est venu au Brésil pour rencontrer et rasssembler les différentes personnes qui posent le même regard que nous sur le monde. Ça nous permet d'être plus nombreux et donc d'avoir un plus gros impact sur le sommet. On aimerait faire connaître les personnes impliquées dans notre pays et surtout notre mouvement de jeunes. En plus de tout cela, notre pays est un des seuls à refuser ce concept d'économie verte car notre président est indigène. Il y a une sorte de coalition en amérique du sud contre le capitalisme, le Brésil, l'Uruguay, la Bolivie, l'Équateur, le Pérou et l'Argentine en font parti. Mon pays est donc contre l'économie verte car on ne veut pas voir débarquer les multi-nationales piller la nature sous pretexte d'économie verte. Nous sommes profondément attachés à la nature, et c'est la force de notre président de le montrer". C'est donc avec quelqu'un de trés interessant que j'ai échangé, où plutôt reçu, car les personnes comme ça donnent une leçon d'humilité trés bien placée.

Forum des médias libres

Aujourd'hui se déroulait la dernière journée du forum des médias libres. La première conférence était intitulée "les mouvements sociaux". Elle a fait intervenir notemment Michel Lambert du Quebec, directeur général d'alternatives. Puis on a discuté de nouveaux moyens technologiques permettant d'aider les manifestants à communiquer facilement. À cette occasion, beaucoup de propositions ont été formulées en vue des pleinières de convergences qui commenceront le 18. En attendant les discussions sur les différentes propositions, vous pouvez retrouver celles ci sur . L'après midi, le parti pirate brésilien s'est réuni afin de discuter de leur structure. Leur création étant assez récente, ils ont besoin de 700 000 signatures afin d'être reconnu par l'état et enfin pouvoir participer aux élections. Si le chiffre paraît énorme, c'est parce qu'ici, le vote est obligatoire. À part ces soucis de visibilité, ils veulent aussi mettre en place des actions concrètes qui vont de paires avec leurs idées. C'est ainsi qu'en bon petit débrouillard, je leur ai parlé de Onno Purbo et de son projet libre d'internet gratuit. Avec un bon wok et du matos de récup', on peut balancer à des tas de gens et cela gratuitement. Si le réussi à le mettre en place, ils permettront aux populations des favelas de bénéficier d'internet.

Rio Toxico Tour 2012 : Magé

DSC_0102_bis.JPG

Petrobras est une entreprise brésilienne, la plus importante du pays, et se situe dans les premières mondiales. Elle est dans le secteur de l'extraction, le raffinage et la vente de pétrole. La recherche de nouvelles technologies et d'alternatives au développement durable font partie de leur programme, pourtant leurs activités à Magé témoignent l'inverse. Le 18 janvier 2000, 1,3 millions de litres de pétrole se sont déversés dans la baie de Guanabara Rio de Janeiro. La première visite avec le Toxico Tour vous a présenté les problèmes liés à la raffinerie du Duque de Caxias, ici il s'agit donc d'une fuite de l’oléoduc qui la relie à l'entreprise sur l'ile d'Agua. L'accident s'est déroulé pendant la nuit et ce n'est qu'au matin que l'ampleur des dégâts est manifeste, au grand désarrois des pêcheurs locaux. Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer les conséquences liées à ce déversement sur la faune et la flore de la baie. Ce sont 9 000 familles touchées par cet accident et nombreux sont ceux qui ont quittés leurs maisons et tout ce qu'ils avaient pour pouvoir continuer à pêcher ailleurs. D'autres ont choisi de rester et trouver une alternative d'emploi car cette activité n'est plus suffisante pour leurs besoins au quotidien.

On pourrait croire que l'histoire s’arrêterait là, Petrobras paierait les dégâts, s'excuserait, mettrait en place des programmes de surveillance renforcé et des projets environnementaux. Sauf que dans cette région, non. En dix ans un deuxième oléoduc a été installé et fonctionne déjà, un troisième est en cours de construction. Celui-ci fait l'objet de lutte continuelle par les pêcheurs locaux.

L'Association des Hommes de la Mer (Ahomar)

DSC_0154_bis.JPG

Au Brésil, la culture est différente et s’associer en groupes structurés est peu commun. Pourtant, afin de faire face à la pression de la grosse entreprise, les pêcheurs locaux se sont structuré en 2003 en association afin d'avoir plus de poids et mieux se soutenir dans leur combat. Paulo César le fondateur de l'Ahomar a été par la suite assassiné devant sa femme et ses deux enfants la nuit, cinq tirs, à l'age de 40 ans seulement. Le nouveau président, Alexandre Anderson, que nous avons eu la chance de rencontrer, nous a raconté qu'il a été lui même sous la menace de mort et a échappé à plusieurs tentatives sévères. Il est maintenant sous surveillance permanente de policiers, ces déplacements limités. Conséquences sur leurs Vies Face à cette situation et ce climat, l'association a donc une double mission : lutter contre les projets de développement d’oléoduc dans la baie, mais aussi un aspect social important afin de s'entraider et se soutenir face à la dépression, l'alcool et les drogues dans lesquels certains peuvent sombrer car privés de ce qui font leur vie : la mer. Tout d'abord les ressources halieutiques qui ont fortement diminué ne leur permette plus de survivre et gagner suffisamment pour avoir une vie décente. Là où il y a dix ans ils pouvaient récupérer dans leurs filets 70 à 80kg de poisson, aujourd'hui il est difficile en une pêche de collecter 5-10 kg témoignent les pêcheurs. De plus des barrières ont étés installées dans la baie afin de délimiter les territoires de l'entreprise, privatisant l'océan. Les pêcheurs doivent aller plus loin, or leurs petites embarcation ne sont pas faite pour et c'est donc un risque pour eux. Et même s'ils s'aventurent au delà des premiers mètres, ils doivent ensuite faire face aux grandes embarcations à moteurs qui tentent de les faire chavirer, aux bombes lancées par hélicoptères pour les dissuader parfois de protester. Outre l'impact sur les pêcheurs, il y a des répercussion dans leur milieu familiale et l'installation de barrière empêche l'accès à certaines plages qui sont des souvenirs d'enfances et de leurs passés pour certains, un attachement profond pour tous ceux qui sont dans la région. Depuis peu, et suite à la demande des femmes, il est donc demandé qu'on dise « Association des Hommes et Femmes de la Mer ». Car ces femmes et mères se sentent tout autant impliquées dans la lutte. Elles apportent leurs soutiens à leurs maris, travaillent aussi car elles ont peur des répercussions pour leurs enfants. Le partage avec les générations futures, de leurs professions insuffisante pour vivre et de certains lieux devenus privatisés est maintenant impossible. Ceci reste une profonde tristesse que nous avons tous pu ressentir en partageant leurs témoignages.

Les Mangroves et les villages

DSC_0268_bis.JPG

Après ce poignant partage et la présentation de la situation dans la baie, le Toxico Tour nous a montré les conséquences sur les mangroves à coté. Territoire dévasté, plus un seul arbre sur pied, un champ de boue et de pétrole qui nous désole. L'entreprise a dit qu'elle avait nettoyé pourtant les taches d'huile sont visibles, et les crabes, crevettes et autres espèces qui vivaient dans cet écosystème n'arrivent plus à survivre. L'impact se répercute aussi sur près de 300 familles qui vivaient grâce à la 'pêche' de ces espèces. Une embarcation est présente sur le lieu, à la demande des habitants, pour témoigner du passé et de ce qu'ils ont perdu suite à l'accident et au développement de l'activité pétrolière. Petrobras vous dira toutefois que des projets sont menés et que la plantation de mangrove se fait. Il est vrai, on voit des jeunes pousses au fond du territoire, sauf que le problème est que le sol est pollué et donc rien ne reste en vie bien longtemps. Alexandre témoigne même que l'entreprise fait des photos dès les premiers centimètres visible afin de montrer la bonne réussite de ce projets, mais la réalité est que les plantations ne survivent pas longtemps alors ils sont obligés de replanter et c'est un cercle vicieux... De l'autre coté de la mangrove on voit aussi un 'champ' de mangrove car on est bien loin des hauteurs des 'forêts' de mangroves. Effectivement ces arbres ont survécus à cette hauteur depuis 3-5ans, mais ils ne grandissent pas. Pour l'entreprise s'est bien que le sol n'est pas pollué. Pourtant il y a un problème de croissance et comment expliquer qu'il n'y a que cette parcelle qui se maintient en vie ? L'explication nous a surpris, ces arbres de mangroves ne sont pas plantés dans le sol mais dans des pots, limitant ainsi leur développement à des racines restreintes dans un espace clos.

Dans les terres maintenant, la construction des oléoducs a engendré plusieurs problématiques :

  • Environs 500 familles déplacées, dont les terres ont été rachetés à très bas prix, insuffisant pour pouvoir acheter une autre parcelle décente.
  • Pour ceux qui vivent à proximité, leurs puits n'ont plus d'eau et le peu qu'ils récupèrent parfois est contaminée. Les bus ne passent plus car les routes ne sont plus assez résistantes à cause des oléoducs.
  • L'entreprise a installé un système électrique, que les habitants n'ont pas souhaité, mais qu'ils doivent payer : 300 reals (environs 120 euros) mensuel au lieu de 60 (24€) avant.
  • Lors des travaux, les allés-retours de gros camions ont engendré des fissures dans les maisons environnantes, un muret s'est même effondré tout près d'une maison, a témoigné une des femmes.

Le tour s'est clôturé par une rencontre entre les pêcheurs et Cláudio Cossentino, le secrétaire de l'environnement à Magé qui voulait participer au Toxic Tour. Depuis 9 mois à ce statut, ce n'est qu'aujourd'hui qu'il se préoccupe de la problématique de ces pêcheurs, voyant l'affaire diffusé à l'international au travers de ce Toxic Tour. Il a donc promis que sa porte serait toujours ouverte pour eux, mais des actions concrètes de pressions sur Petrobras et de demande de dédommagement financière n'ont pas été cité.

En conclusion, on peut voir que la « simple » construction d'oléoduc peut engendrer de très nombreuses conséquences : de l'incident pétrolier, aux conséquences pour les pêcheurs et leurs familles, en passant par des mangroves détruites, et des villages bouleversés. Le bilan des bénéfices de Pétrobras dans la région pour les habitants sont à revoir.

C'est avec ce dernier exemple que se termine la série de nos visites au Toxico Tour, un week-end chargé en émotion et en rencontre. Bien loin de la vision du Brésil qu'on veux nous donner.

Pour plus d'infos sur les Toxico Tour  : http://riotoxico.hotglue.me Sources supplémentaire de cet article : (en portugais) http://oglobo.globo.com/pais/noblat/posts/2009/05/25/pescador-contrario-gasoduto-no-rj-morto-189343.asp / http://www.brasil.agenciapulsar.org/nota.php?id=8898 http://www.epsjv.fiocruz.br/index.php?Area=Entrevista&Num=41

Rio Toxico Tour 2012 : Santa Cruz - Baie de Sepetiba

)Avec l'accord du gouvernement Brésilien et l'aide de la Banque Nationale de Développement Economique et Sociale (BNDES), la compagnie allemande ThyssenKrupp (TKCSA) a réussi à installer une de ses filiales dans la baie de Sepetiba.

L'activité de cette société libère des particules d'acier de fonte et émet des tonnes de dioxyde de carbone dans l'air, suffisamment pour augmenter les émissions de la ville de Rio de Janeiro de façon significative.

L'impact de cette installation, tant sur la population locale que sur l'environnement est énorme : pollution de l'air, de l'océan, destruction de la biodiversité locale, créant un véritable désastre sanitaire pour la population locale (maladies de peau, problèmes respiratoires...)

De plus, la compagnie n'a pas hésité à privatiser des biens communs.

Au niveau terrestre, la route principale du village que nous avons emprunter, obligeant la population à contourner le site, est dorénavant un cul de sac, elle n'autorise plus que le demi tour. Il a été demandé au service de sécurité de pouvoir emprunter la route publique. Celle-ci nous a autorisé à faire quelques pas à l'intérieur, mais sous haute surveillance ("Souriez vous êtes filmés").

Retombee_TKCSA_flacon

Au niveau de l'océan, une partie de la baie est devenu un espace interdit pour leur pratique, les privant leur unique ressource.

Ce qui nous avons pu voir...

Le samedi 16, nous avons fait le tour de la baie afin de constater l'ampleur des installations industrielles. À terme, ce lieu va devenir le principal pôle industriel et portuaire de la région de Rio. Nous nous sommes rendus dans une salle du village afin de rencontrer quelques habitants qui nous ont livrés leurs témoignages bouleversants (difficultés financières, maladies, pollution des lieux de vie...) malgré les menaces que certains ont pu subir. L'ensemble des participants, représentants plus d'une dizaine d'associations et d'ONG internationale ( Grassroots global justice alliance, ATTAC france, BASTA ...) ont réfléchi ensemble à des actions possibles pour rendre leur lutte visible aux yeux des pouvoirs publics et de la communauté internationale.

Le dimanche 17, nous nous sommes rendu de l'autre côté de la baie à bord d'un bateau de pêche accompagnés par deux pêcheurs locaux.

Même constat que la veille : privatisation de biens communs, pollutions couplé de l'air et de l'eau, destruction des écosystèmes locaux, des ressources naturelles et finalement de l'économie locale...

Julia Fouque et Gui

Crédit super photo : Flora Sonkin

L'ouverture du Sommet des Peuples

Ca y est, le Sommet des Peuples a commencé!

Nous avons assisté à son ouverture vendredi. Pour ma part, je n'y suis pas retournée depuis, car hier j'ai participé à un "toxic tour", qui fera d'ailleurs l'objet d'un prochain article dans peu de temps...

Après un point matinal avec la délégation, nous nous sommes séparés en binôme afin de couvrir au mieux les événements. Enfin plutôt les prémisses des événements... Nous sommes d'abord passés sous une banderole qui indiquait une des entrées du sommet. Accrochée sur un poteau, une carte imprimée indiquant les numéros des tentes et les multiples lieux. Heureusement que nous avons de bons yeux car c'est écrit en tout tout petit petit. Mais il y a une carte. C'est déjà ça. Le seul souci, c'est que sur les tentes, les fameux numéros ne sont souvent pas écrits. Et pour rencontrer quelqu'un qui a des infos, là aussi faut avoir un peu de chance. Cupula dos Povos Mais rien ne presse. Avec Quentin, nous déambulons entre les tentes blanches du parc du Flamengo. Pas grand monde. Quelques participants, et beaucoup de tentes encore vides. Il est 10h30. Faut surement encore attendre deux ou trois heures...

Ah, mais on entend des chants. Nous nous approchons. Grand rassemblement d'indiens d'Amérique Latine sous les tentes des religions du Sommet des Peuples. C'est impressionnant. Rassemblement d'indiens d'Amazonie Dans une immense tente, des groupes font des présentations devant un public sérieux et silencieux. Chacun y expose la situation de sa communauté, leurs difficultés et les solutions qu'ils mettent en place pour survivre et se protéger. Aux alentours, des hommes et des femmes vendent boucles d'oreille en plume et colliers en perle. D'autres déjeunent et fument en regardant de loin les conférences. C'est une atmosphère plutôt joyeuse, où l'on sent bien que l'important reste dans le partage et la rencontre.

Ensuite, nous sommes allés rencontré les personnes engagées pour la cause des Catadores, du Mouvement National des Catadores de Matériaux Recyclables. Et nous avons eu la chance de pouvoir interviewer une catadores, traduite en direct par André Abreu, grand militant brésilien engagé dans cette cause depuis une dizaine d'années. Pour plus d'infos sur le sujet, je vous conseille ce site avec une très bonne vidéo http://www.france-libertes.org/Les-catadores-du-Bresil.html Los Catadores

Enfin, nous avons assisté, filmé et enregistré à la conférence du FMSD, animée par Lionel. Nous avons tous mis environ une heure pour trouver la tente, où aucun matériel n'était mis à la disposition des intervenants. C'était donc une discussion en cercle, où chacun prenait la parole à son tour. Cette disposition intimiste des chaises rendait le tout très agréable à écouter, et les échanges possibles. Les sujets et les intervenants étaient captivants: - Hugh Lacey (Scientiae Studia) sur le principe de précaution - Lionel Larqué du secrétariat international du FMSD et de l'Association Française des Petits Débrouillards, qui animera la conférence - Hervé Le Crosnier (Vecam) sur le mirage de l'économie verte - Pat Mooney (ETC Group) sur la question des technologies émergentes - Magda Zanoni (chercheuse) sur l'émergence d'un mouvement de Sciences Citoyennes au Brésil - Luis Zarref (Via Campesina) sur les questions de souveraineté alimentaire et les liens entre le monde paysan et la recherche Nous avons pu enregistrer en vidéo une interview de Pat Mooney qui est une figure phare sur la question des biotechnologies et nanotechnologies.

La journée s'est terminée par la cérémonie d'ouverture de l'espace des jeunes sur le Sommet. Cérémonie qui a débuté avec un spectacle de mimes dansés représentant les différents enjeux du Sommet. Puis, chaque participant à mis sa main dans la peinture pour laisser une trace sur une immense banderole. Les membres de Rejuma ont pris la parole, notamment Camila qui a expliqué les nombreuses difficultés qu'ils ont du traverser durant les derniers mois et celles qui continuent, notamment pour l'organisation du Camp des jeunes. Mais son discours n'était pas négatif, loin de là. Elle a aussi exprimé sa joie d'être présente au sommet et de voir tant de natioanlités et de jeunesses engagées. Max a ensuite pris la parole pour présenter les Eyes et les Petits Débrouillards.

Une journée bien remplit, et les aventures continuent.. Faut que j'y retourne!

TOXIC TOUR - DUQUE DE CAXIAS

Article rédigé par Charlotte Astier

Mise en bouche

Samedi matin, lever aux aurores. Lieu de rencontre : une esplanade surplombant l’avenue Republica de Chile, entre deux immenses immeubles qui se font face et dont on ignore encore ce qu’ils abritent. On se dit d’ailleurs qu’il y avait surement plus sympathique comme lieu de rendez-vous qu’un quartier d’affaire, plutôt désert en cette heure matinale. Mais on comprend très rapidement que le choix n’est pas anodin : les organisateurs du tour viennent nous expliquer que nous nous trouvons entre la Banque Nationale de Développement Social et Economique (BNDSE) et la grande société pétrolière brésilienne, Petrobras. La BNDSE est un organisme public qui finance les grands projets du pays, fortement déterminante dans les choix d’orientation de l’argent public, et se ventant d’intégrer à ses orientations des objectifs sociaux et environnementaux. On aimerait bien croire qu’un monde sépare cette entité de son voisin d’en face, Petrobras, mais les organisateurs nous ramènent vite à une réalité brésilienne dans laquelle une banque nationale extrêmement puissante (environs 3 à 4 fois plus puissante que la Banque Mondiale nous dit-on) dirige la plus grande partie de ses fonds à des projets économiques et d’infrastructures à « haut niveau d’impact environnemental et social ».

Rio+20, le Sommet des peuples et le Toxic tour, quel rapport ?

Les organisateurs du tour estiment que tout comme la BNDSE, l’Etat et la préfecture de Rio tentent de s’afficher comme un pays avancé à la fois en termes de développement et de protection environnementale, notamment pour légitimer la position de futur hôte des grands évènements de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques. Pour ces ONG, il est difficile de ne pas résumer cette politique de greenwashing, quand 17% de ce fond finance les activités pétrochimiques de Petrobras et qu'elle soutient les fameux « méga-projets » d’infrastructures urbaines, tous critiqués pour leurs conséquences négatives sur le plan social et environnemental. Il s’agit donc pour ces militants brésiliens de nous dévoiler une face cachée de Rio, de déconstruire le « discours de façade » par le biais d’un circuit « toxique » dans une commune périphérique du Nord de la capitale. Une commune à la fois victime en plusieurs points de son territoire de désastres sociaux-environnementaux liés à différents types d’activités économiques ainsi que d’une grande indifférence des pouvoirs publics. Pour eux, le tour n’est pas une finalité en soi, mais un processus de mobilisation, plus pragmatique, plus concret, qui propose une interaction avec la réalité de terrain, tout en nous offrant aussi la possibilité d’approcher et d’échanger avec des mouvements de « résistance locale ».

Duque de Caxias : petite présentation du territoire

Duque de Caxias concentre les problématiques d’une commune périurbaine qui s’est vue hériter de ces infrastructures et activités qu’on ne saurait voir installées à l’intérieur d’une mégapole urbaine telle que Rio de Janeiro : une décharge à ciel ouvert recevant la majeure partie des déchets de la région, des installations pétrochimiques hautement polluantes (70% des activités de la commune relèvent de ce secteur), une entreprise de pesticides etc. Un lieu éloigné des regards et à des lieux du panorama des habitants de la zone Sud de la « cidade maravilhosa ».

Découverte du territoire de Gramacho et l’« Aterro sanitario » (remblai sanitaire) ou « Lixao » (décharge)

Le Lixao de Gramacho est la plus grande décharge à ciel ouvert d’Amérique latine. Issue des années de dictature (en activité depuis les années 70), elle a structuré la vie d’un quartier, le Jardim Gramacho, jouxtant le site, autour de l’activité des catadores (collecteurs) consistant à récupérer les déchets recyclables ramenés par milliers de tonnes chaque jour. Ce secteur de Duque de Caxias a subi un processus de dégradation - environnementale : pollution des sols et haut risque d’effondrement de la décharge dans la baie de Guanabara qu’elle surplombe ; - sanitaire : pour les catadores, travaillant sur le site sans matériel ni uniforme de protection - et sociale : pour la violence existant entre les différents groupes de catadores et pour l’exclusion sociale de ce quartier du lixao (le mot plus couramment utilisé, porte une connotation très négative) par rapport au reste de la commune, illustrant ainsi des décennies de « racisme environnemental »).

Fermeture de la décharge, les controverses

Depuis quelques années, dans un contexte de développement de la vitrine internationale de la ville, la décharge est en processus de fermeture. La préfecture de Rio a accompagné celle-ci d'un programme de formation, « reciclando vidas », auprès des catadores, visant à une réorientation de ces travailleurs dans le secteur de la construction tout en conservant un lien avec l’activité initiale de recyclage des déchets. Néanmoins, ce processus de fermeture reste critiqué par les organisations sociales sur plusieurs questions : quel devenir des catadores au-delà du programme de formation? les indemnisations sont jugées trop faibles ; la décharge doit être exportée dans un autre lieu écologiquement fragile etc.

Un secteur impacté par les activités de raffinerie de Petrobras

Nous repartons pour un autre quartier à une vingtaine de minutes en bus de Gramacho, et nous y trouvons un lieu de vie animé, pauvre, mais a priori « moins démuni » (j’insiste sur les guillemets) que le précédant (on y aperçoit un centre sanitaire, des commerces). Le père de la paroisse locale vient nous chercher pour nous conduire dans un petit chemin étroit, la « ruelle du bonheur » (c’est son nom), qui, ironiquement, cumule les problèmes : Bordant l’enceinte du site d’exploitation pétrochimique (les gros cylindres sont à portée de vue), on nous explique qu’ici, l’eau est polluée (on nous montre un puits, familier aux enfants qui jouent à proximité et où apparemment l'on vient se servir quotidiennement), le manque de réseau d’assainissement donne lieu à des inondations de toute la zone d’habitation (des habitants s’empressent d’aller chercher des photos pour nous montrer cela). Un homme vient d’ailleurs nous reprocher de n’être là que lorsque « ça va », et nous invite à revenir lors d’une de ces inondations. On nous explique enfin qu’ici les enfants, présentent des problèmes respiratoires et allergiques causés par ces pollutions. Au-delà des pollutions générées par Petrobras, ce qui créée un sentiment de révolte ici, c’est que la population locale ne récolte d’une telle installation que les impacts négatifs : Une telle richesse n’a généré ni emploi pour les habitants (moins d'1% y travaille), ni infrastructures basiques d’assainissement, de réseau d’eau, les écoles sont précaires etc.

Un peu plus tard, sur le trajet du bus, on fait monter une petite fille de 13 ans accompagnée de sa maman, qui vient également nous parler du même type de problème sur un autre quartier à proximité de l’entreprise CONTECON, qui a du traité les 80 000 litres de résidus chimiques déversés dans la Baie de Guanabara suite à un accident en 2005. « Voici l’usine qui fait du mal à ma communauté » s’exclame-t-elle lorsque nous longeons les murs de l’usine, en expliquant que les dépôts de résidus de l'usine engendrent des problèmes sur la santé des populations riveraines en matière respiratoire, dermatologique etc.

Cidade das meninas (la cité des jeunes filles) victime des pesticides

Un chemin de terre interminable qui nous conduit vers un ancien orphelinat. Au bout d’une vingtaine de minutes de ballotage sur ce petit chemin en pleine nature, nous trouvons un lieu aux airs de petits paradis si l’on ne nous avait pas raconté l'histoire de sa « malédiction » : Il y a une cinquantaine d’années, on découvre qu’une usine de fabrication de pesticides est hautement polluante. L’usine est fermée et détruite, les restes de l’activité sont simplement recouverts, l’orphelinat est fermé aussi mais la population installée demeure sur le site. On se rend compte que les résidus chimiques sont très résistants, que toute la zone est polluée et qu'une vingtaine de cas de cancer sont recensés. Les habitants tiennent à nous raconter leur histoire. Ils nous reçoivent chaleureusement avec un goutter en s’excuser de nous accueillir sur un site hautement pollué. Après quoi, ils exposent tour à tour leurs incompréhensions et colères face à des pouvoirs publics indifférents qui ne prennent pas des mesures adéquates pour dépolluer la zone ; ils souffrent psychologiquement d’un manque d'appropriation des recherches réalisées tour à tour sur eux pour étudier leur maladie sans en communiquer les résultats; l’angoisse liée à ce « poison » qui ne les tue pas, et l’incertitude sur leur avenir est le quotidien de ces personnes. L’un deux nous dit avec ferveur qu’il attend de ce Sommet de la terre, une prise de conscience sur ce qu’il se passe et aspire à une seule chose : la mobilisation nationale de toutes les communautés affectées par ce type de pollutions.

Notes positives: deux initiatives culturelles locales

Deux étapes de la journée nous ont donné à voir des projets porteurs d’espoirs pour ces populations. Deux initiatives reposant sur la solidarité et passant chacune par la valorisation de la culture et de l’éducation. D’abord, une bibliothèque, issue d’un projet initial modeste de collecte de dons de livres par un professeur. Une action qui, grâce aux réseaux de solidarité, a tour à tour donné lieu à la création d’un espace dédié, puis a fait l’objet d’un engouement national devenant un espace culturel important qui a notamment reçu la Biennale du Livre. Mais notre dernière escale est pour le « Musée vivant de Sâo Bento ». C’est avec fierté qu’un groupe d’enfants sous le regard bienveillant de leurs professeurs, nous font une démonstration de capoeira. Puis nous découvrons l’intérieur d’une ancienne fazenda coloniale, utilisée comme lieu d’exposition, de formation, ouvert à tous. On nous explique que le musée « vivant » ne se limite pas à ces murs mais couvre une grande partie du territoire municipal. Les personnes qui nous accueillent insistent sur le fait que ce lieu reçoit et encourage les mouvements locaux de résistance sociale et permet de les faire converger.

Nous repartons en laissant derrière nous tout un monde véritablement accablé par les injustices et des habitants se sentant méprisés des lieux de pouvoir et de décision, et comptant un peu sur ces visiteurs de différents horizons, pour la plupart ici pour participer à la mobilisation du Sommet des Peuples, pour partager leur lutte.

Bref, je suis retournée à Riocentro.

Bref, même si on s'est déjà fait refoulé, j'y suis retournée. Cette fois pas le choix, et j'y vais seule.

Bref, le transport à l’allée avait duré un bon moment (1h30 pour être précise) donc cette fois-ci j'ai redemandé et c'est deux pompiers qui m'ont conseillée. Pour eux c'est la première fois là bas, ils avaient 18 et 19 ans. Ils n'étaient pas vraiment conscients du Sommet et des enjeux mais ils en avaient quand même entendu parler à la TV. Bref, on attendait et moi je commençais à douter sur l’efficacité de leurs conseils. Finalement il m'a fallu avouer, le trajet a été vraiment plus court, et je suis impressionnée. Maintenant faut passé la sécurité et pour moi j'avais l'idée que rien n'était joué. A la porte d'entrée, tout s'est accéléré. On m'a demandé d'ouvrir mon sac, si j'étais accréditée et en disant non, j'ai eu le droit : à un bracelet, un sourire, et pouvoir passer !

Bref, je suis entrée dans le Sommet, mais en fait rien d'exceptionnel, car au Pavillon des Athlètes c'est libre d'accès !

Billet de l'humeur : lapa

Au sortir de notre première journée du le sommet des peuples, force est de constater qu'ils n'ont pas mis le paquet là où il faut. Entre hélicoptères, avions, et le mec qui parle à son pote juste à coté de la conférence (qui n'est pas équipé de sono), on se dit que tout aurait pu être mieux. Tout est au même endroit (au parc flamengo), le problème est qu'il faut 1h pour le traverser (et à vitesse française), et les quelques plans du sommet ne sont même pas justes. Bref, j'ai surtout l'impression d'un sabotage passif. Après une journée extenuante, le problème majeur est survenu : Où est ce qu'on va boire un coup (il fait chaud à Rio) ? On a donc été à lapa car pour 4 reais, on a 50cl de caipirina. Bien évidemment, on perd le groupe au bout d'un moment. j'ai donc demandé conseil à une brésilienne que l'on avait rencontré auparavant de me dire où était mes potes (ouai, je l'ai pas perdu elle). Du coup, elle m'a trimballé dans toute les rues de lapa en protegeant mon sac et parfois même mes fesses. Je me suis quand même demandé si elle voulait pas me piquer un rein, mais la capirina m'a dit que vu comme elle dansait la samba, ça serait pas possible. Au final, j'ai retrouvé mes potes (au bout de 2 capirinas) qui avaient l'air bien fatigués, et j'ai été obligé de l'abandonner à son triste sort de danseuse de samba...

SOS Mata Atlantica : camion de sensibilisation

A coté de l'alterro do Flamengo où se déroule le Sommet des Peuples, mon regard est resté sur des camions installés sur une place avec une exposition . Je m'arrête pour leur demander. Cela fait quatre ans que le camion se promène le long du littoral, 47 villes parcourues. L'exposition est la nouveauté inauguré pour le sommet. L'ensemble repartira ensuite sur les routes pour cette fois ne s'arrêter que dans les grandes villes, dont la prochaine en date Fortaleza, et s'arrêtera à chaque fois deux semaines.

Un jeune de l'association me présente l'exposition et leurs missions. « Notre vert dépend aussi du bleu » car Mata est la forêt humide la plus grande en latitude qui s'étend sur tout le long du littoral brésilien (comme visible sur la carte). Aujourd'hui seul 7 % du Mata original existe. Le reste a été détruit lors des colonisations, pour l'installation et le développement humains, pour la plantation d'eucalyptus aussi, et maintenant pour l'agriculture intensive. Or cet écosystème riche en biodiversité est aussi en interaction avec de nombreux autres : îles, coraux, mangroves, végétation rase de plage, plage et système rocheux comme présenté dans l'exposition. Leur objectif est donc de sensibiliser sur ces milieux afin d'augmenter l'intérêt de leurs protections et des espèces variés de tortues marines, requins, baleine et oiseaux.

Ils ont ensuite un autre camion plus petit où se déroule des ateliers et conférence. Leur kit est donc fin prêt à sensibiliser petits et grands, écoles et société, sur la Mata, un territoire de diversité à protéger.

- page 1 de 2