Enda_Tiers_Monde

Ce matin à l'Alterro dans la tente 11 avec l'association ENDA Tiers Monde, on nous parle d'accaparement de terres agricoles. Qu'est ce que c'est et où on en parle dans le monde ? Je vais essayer de vous éclairer sur ce sujet grâce aux interventions de ce matin.

Le premier intervenant était un malien qui explique les deux problèmes majeures que cause l'accaparement des territoires selon lui, ici on entend territoire agricole. Le premier soucis est la concentration des titres fonciers, en effet ce sont de grands propriétaires qui rachètent les terres aux paysans. Cela implique donc la disparition des petits paysans. Ensuite ce changement de propriétaire se fait souvent au profit de personnes qui ne veulent pas faire de l'agriculture traditionnelle. Ainsi ces terres très vastes deviennent le lieu d'une forte monoculture qui cause une destruction de la biodiversité et l'appauvrissement des sols. Ces monocultures ont pour but de produire soit du riz (entreprises chinoises qui produisent à l'étranger mais pour la consommation chinoise), la canne à sucre ou des plantations pour l'élaboration de biocarburants.

Le second intervenant était Simon Bodea, béninois et membre de la Synergie Paysanne créée en 2002 pour que les jeunes paysans puissent avoir accès à la terre, 10 ans après ce n'est toujours pas le cas. En cause pour lui, l'état béninois qui donne des terres pour la plantation de plantes pour les biocarburants, ou alors pour la récupération du manioc qui sert aussi pour ces mêmes carburants. Récemment une multinationale malaisienne a loué 200 000 hectares de terres pour la production d'huile de palme au prix de seulement 5 000 francs CFA (environs 8 euros) par an. Mais si des multinationales achètent des terres en grande quantité les dirigeants le font aussi dans le silence, pour lutter contre cela la Synergie Paysanne a lancé des enquêtes. Dans un des villages grenier par exemple on s'est rendu compte, après l'enquête que sans que cela soit dit, déjà 45 % des terres appartiennent à des investisseurs qui ensuite font partir les paysans de ses terres. Ces paysans n'osent pas se défendre de peur d'être enfermé et les responsables locaux avaient peur de la politique central. C'est pour ça que la deuxième mission de la Synergie Paysanne est de sensibiliser les paysans à leurs droits. Un autre exemple cité, est un général de l'armée béninoise qui a acheté à un prix dérisoire 200 hectares de terres à une personne qui n'était pas le vrai propriétaire des lieux. Il a ensuite fait partir les paysans qui craignant des répressions n'osaient pas protester. La Synergie Paysanne en expliquant aux paysans leurs droits à permis que ceux ci retrouvent la confiance et se rebellent en portant cette affaire en justice. Pour éviter les soucis le général à alors proposer 3 millions de francs CFA mais les paysans ont refusé pour pouvoir récupérer leurs terres. Après ces explication Simon Bodea à alors proposé la création d'ici la fin du sommet d'une alliance mondiale contre l'accaparement des terres afin d'avoir plus de poids pour lutter contre les multinationales et certains dirigeants.

Nous avons ensuite eu des interventions plus brèves sur plusieurs autres pays dans le monde. Au Cambodge par exemple aujourd'hui 20 % des propriétaires terriens occupent 70 % des terres, et ce sont principalement de grandes entreprises chinoises ou coréennes. Un intervenant sénégalais à ensuite voulu mettre en avant, outre le problème économique, le problème culturel que peut causer l'accaparement des terres. En effet ces terres racheté en « gros » sont parfois des lieux de sépulture ou de culte par exemple. Cet intervenant espère donc que ce coté ne soit pas oublié ici à Rio. En Colombie, l'accaparement des terres c'est fait suite à un conflit armé. Et l'intervenante ici a voulu mettre en avant que ce problème touche également les femmes qui sont des piliers de la vie locale en s'occupant des enfants, des personnes agées, de la nourriture et de l'eau. Donc il faudrait une loi qui reconnaisse que les femmes subissent l'accaparement des terres également. Ici, au Brésil, dans la forêt amazonienne une région va voir naître pas moins de 6 barrages, la construction ayant commencé avant même d'avoir obtenu les autorisations et les familles dédommagées. Un membre de ENDA Madagascar à voulu indiquer que dans ce pays il existe une loi qui permet aux paysans qui sont sur leurs terres depuis longtemps et qui ont des preuves de cela (photos, témoignages …) d'obtenir des droits sur ces mêmes terres. Et enfin un dernier intervenant de la Guinée à voulu rappeler que ce ne sont pas seulement les entreprises ou les grands dirigeants qui agissent de la sortes mais également les coutumiers (chefs locaux).

Et c'est un membre de Enda qui a clôturé la réunion en faisant une synthèse montrant bien que l'accaparement des terres est un problème mondiale. Aussi il ne s'agit pas seulement de terres mais de ressources naturelles, d'identité culturelle et sociale et que tout ceci se fait par une violation de la loi et des droits des producteurs.

MM